Passer au contenu

/ Centre de pédagogie universitaire

Je donne

Rechercher

Sébastien Béland

Repenser l’évaluation pour favoriser l’apprentissage

Professeur à la Faculté des sciences de l’éducation, Sébastien Béland pose un regard lucide sur l’évaluation des apprentissages dans ses cours. Ses connaissances basées sur ce qui constitue son domaine de recherche lui permettent de faire des choix les plus éclairés possibles. Ses cours aux cycles supérieurs portent sur l’évaluation en enseignement supérieur ainsi que sur l’analyse de données quantitatives. Quelles sont ses priorités alors qu’il n’a plus recours à des examens? Offrir des propositions de tâches évaluatives qui ont du sens pour les étudiants et étudiantes.

 

La rétroaction formative : un levier essentiel à l’apprentissage 

Selon Sébastien Béland, la rétroaction formative demeure une composante essentielle pour témoigner de l’évolution des apprentissages, mais elle doit idéalement être fournie rapidement après la remise d’un travail. Ainsi, ses étudiantes et étudiants peuvent présenter une première version de leur travail individuel afin qu’il puisse la commenter avant la remise finale. Certes, cette régulation de l’apprentissage exige du temps, mais elle s’avère cruciale dans une perspective d’amélioration. Il reconnaît aussi son impact sur l’augmentation de la moyenne des notes dans le cours, un enjeu dans les programmes devant distinguer les meilleurs étudiants et étudiantes. L’autonomie demeure également un aspect important pour Sébastien Béland. Même si une date est annoncée pour la remise d’un travail, la version finale peut être déposée à tout moment pendant la session. Sa latitude est bien appréciée. Reconnaissant que ses groupes comptent au plus une cinquantaine de personnes motivées, il met un grand soin à maintenir leur intérêt étant donné les thématiques un peu arides à traiter. Dans le cas d’un groupe plus nombreux, il suggère de recourir au travail d’équipe, comme c’est fréquemment le cas dans le monde du travail, pour alléger la tâche de la personne enseignante.  

Des tâches authentiques pour donner du sens aux apprentissages 

Un autre élément clé pour Sébastien Béland s’avère le recours à des évaluations basées sur des situations qui se rapprochent soit de leur vie quotidienne, soit de leur futur professionnel. S'appuyant sur plusieurs recherches, cette approche permet aux étudiants et étudiantes de mieux saisir la pertinence du sujet d’étude, ce qui peut augmenter leur motivation. À titre d’exemple, dans un cours de niveau de doctorat, le travail consiste en la rédaction des sections « Méthodologie » et « Résultats » d’un article scientifique, une tâche que les membres du groupe seront amenés à réaliser lorsqu’ils ou elles occuperont un poste de professeur. Une version commentée par Sébastien Béland leur est donc remise, semblable à une révision par les pairs dans un journal scientifique, ce qui leur permet d’améliorer le texte. Dans un autre cours, il peut demander aux futurs enseignants et enseignantes d’élaborer un examen pouvant être utilisé dans leurs propres classes, incluant les grilles d’évaluation, une manière de les soutenir dans leur tâche. 

Il concède que la matière qu’il enseigne dans ses cours demeure parfois difficile et abstraite, mais il tente de la rendre attrayante grâce à une touche d’humour et d’originalité. À titre d’exemple, dans un cours sur l’évaluation, il donne à plusieurs groupes d’étudiants et étudiantes quatre biscuits à manger et leur demande d’élaborer une grille d’évaluation pour trouver la réponse à cette question : « Quel est le meilleur biscuit au monde? » Évidemment, chaque personne a ses critères et le choix du biscuit retenu varie. En comparant leur grille, les membres du groupe réalisent qu’ils avaient omis tel ou tel aspect et qu’évaluer est un acte essentiellement subjectif. Bref, il les amène à sortir de leur zone de confort, mais de manière agréable. L’important, selon lui, c’est d’aligner les activités d’évaluation originales avec les objectifs du cours.  

Faire participer les étudiants et étudiantes à leur propre évaluation 

Pour l’attribution d’une note, Sébastien Béland n’hésite pas à faire participer ses étudiantes et étudiants pour qu’ils constatent ce qu’ils maîtrisent bien et moins bien (ce qu’il appelle l’autorégulation). Par exemple, lors d’une rencontre suivant la remise d’un travail en équipe en méthodes quantitatives, il leur pose des questions sur ce travail, donne sa note globale en direct et demande aux membres de réagir à leur propre évaluation (la contestation est permise). Selon son expérience, il y a rarement des négociations à la hausse et le tout est confirmé par courriel par les membres du groupe. Il demeure convaincu que les gens sont capables de s’évaluer quand ils sont de bonne foi et bien préparés à le faire. La recherche montre aussi l’importance de faire participer les étudiants et étudiantes à leur évaluation, mais c’est une pratique peu courante en milieu universitaire, reconnaît-il.  

Innover collectivement pour mieux évaluer 

Sébastien Béland avoue que l’évaluation (dont la partie sur la correction des travaux et des examens) constitue une tâche lourde et peu attrayante pour beaucoup d’enseignantes et enseignants. Il croit qu’il est sûrement possible d’innover en cette matière. En toute honnêteté, il convient que ses propres évaluations ne sont pas parfaites, mais il cherche constamment à les améliorer. Il promeut sans hésitation l’importance des échanges entre collègues sur le sujet, dont des spécialistes, ainsi que la participation à des formations pédagogiques, notamment celles qui sont offertes par le CPU.  

Sébastien Béland
Professeur agrégé
Faculté des sciences de l'éducation - Département d'administration et fondements de l'éducation