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Depuis dix ans, la direction de la maîtrise en santé publique de l’ESPUM a entrepris un chantier majeur : transiter vers un programme par compétences. Pour l’accompagner dans cette démarche, elle a fait appel au Centre de pédagogie universitaire (CPU).

C’est tout d’abord une obligation qui a incité l’équipe à amorcer cet important virage : répondre aux exigences du Council on Education for Public Health (CEPH), un organisme d’accréditation américain qui a fait de l'École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM) le premier établissement francophone à détenir cette certification de réputation internationale. « Il nous fallait démontrer par le biais d’un rapport que notre formation permettait de développer les 22 compétences requises pour être agréée par cet organisme », explique Katherine Frohlich, directrice de la maîtrise en santé publique de l’ESPUM et professeure au Département de médecine sociale et préventive.

Un processus s’échelonnant sur 18 mois s’est alors enclenché. « Appuyés par Guylaine Gauthier du CPU, nous avons, dans un premier temps, élaboré un référentiel de compétences en équipe restreinte, explique la directrice. La conseillère pédagogique a, par la suite, accompagné chacun des professeurs afin qu’ils comprennent bien l’approche par compétences et les amener à adapter progressivement leurs cours afin de répondre à ces nouvelles exigences. Le nouvel outil Plan de cours par compétencesdéveloppé par le CPU nous a notamment aidés à mieux saisir le lien entre les compétences souhaitées par le CEPH et la façon de les évaluer en classe. Cette démarche nous amènera aussi à changer notre façon d’enseigner et d’évaluer les connaissances. »

Quelle est la valeur ajoutée de cet outil ? « Le Plan de cours par compétences permet de faire le point, poursuit Katherine Frohlich. Cette démarche ne consiste pas juste à faire remplir un document par tous les professeurs d’un programme, elle les incite à se mettre d’accord sur son contenu. Cet outil nous a notamment permis de mettre en lumière les forces et les faiblesses de notre programme et de repérer quels sont les cours qui sont en cohérence avec les compétences visées. Il nous a aussi permis d’identifier quelles failles devront être corrigées au cours des prochaines années. »

Moins de chasse-gardée, plus de collaboration

Quand l’idée d’adopter une approche par compétences commence à circuler au sein d’un département, il peut être facile de nourrir certaines appréhensions. Du genre est-ce qu’une telle démarche exigera de transformer complètement nos façons de faire ? Mais dans les faits, qu’en est-il vraiment ? « Au contraire, on ne demande à aucun professeur de remettre en cause ses acquis, affirme la directrice. Cette démarche nous permet tout simplement de regarder notre travail avec une perspective différente. Et bien qu’elle ne nous contraigne pas à tout réapprendre, elle impose toutefois plus de collaboration entre les professeurs. Ce qui peut parfois s’avérer un défi car dans la plupart des environnements académiques, les enseignants se comportent souvent comme si le cours qu’ils donnent était leur propriété. Or, un programme par compétences nous fait plutôt réaliser – bien que ce soit parfois difficile – qu’il est essentiel de partager le contenu de ses cours pour réussir à créer un programme plus cohérent. »

Avec le recul, un constat s’impose : « le processus d’agrégation exigé par le CEPH nous a donné l’occasion de revoir en profondeur notre programme et d’entamer une réflexion stratégique sur la couleur particulière que nous voulions lui donner. » L’équipe peut désormais miser sur ses avantages distinctifs, ceux qui lui permettent de se démarquer de la concurrence, pour s’améliorer en continu. « Cet exercice nous a permis d’élaborer un programme beaucoup plus cohérent et plus aligné avec les besoins du milieu. Déjà, nous pouvons constater le début d’une transformation dans la façon dont les professeurs transmettent leur contenu. Leur enseignement devrait grandement s’améliorer ».