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Dans la classe de … Louise Brien

La simulation au service de l’apprentissage

Entourée d’une trentaine de complices, Louise-Andrée Brien, professeure adjointe de formation pratique à la Faculté des sciences infirmières (FSI), développe, teste et met en application des scénarios de simulation. Cette approche pédagogique permet non seulement de rapidement plonger les étudiants au cœur de leur future réalité mais d’accélérer l’intégration de la théorie. Résultat : dans le milieu de la santé, les recrues de l’Université de Montréal seraient davantage reconnues pour leur plus grande confiance en leurs capacités.

Ces stratégies d’apprentissage sont utilisées pour différents domaines d’intervention : chirurgie, santé mentale, soins de fin de vie, périnatalité, soins critiques, etc. D’autres facultés y ont également recours. « Notamment, les facultés d’optométrie et de pharmacie avec qui nous avons conclu des partenariats pour l’utilisation de nos installations de simulation et le développement de scénarios », souligne la responsable académique du programme de simulation.

« Plus concrètement, nous créons un environnement qui représente en tous points la réalité, explique la professeure. Contrairement au jeu de rôle, nous travaillons soit avec des patients standardisés (des comédiens) ou des mannequins de haute fidélité technologique. Ces derniers reproduisent presque parfaitement tout ce qu’un être humain peut vivre : ils parlent, pleurent, saignent, transpirent; ils ont même des convulsions. Nous pouvons ainsi leur programmer différents symptômes afin d’immerger l’étudiant dans le feu de l’action. »

Le professeur s’installe alors derrière un verre sans tain et manipule le mannequin à l’aide d’un ordinateur. Doté d’un micro, il donne voix au pseudo-patient. Comme dans la vraie vie, l’étudiant peut mesurer toutes sortes de paramètres (pouls, pression artérielle, température), donner des injections, installer des cathéters, etc. Comme le mannequin répondra physiquement et verbalement à ses interventions, il pourra alors constater sur le champ l’impact de son travail.

Les conditions de réussite

Pour être pleinement efficace, tout exercice de simulation doit comporter trois étapes : préparation, intervention scénarisée et débriefing. Ainsi, avant toute simulation, un tuteur – une infirmière qui travaille dans le domaine étudié – leur explique le contexte et le rôle qu’ils auront à jouer. « Après la simulation, une période de débriefing permet à l’étudiant ou au groupe d’exprimer comment il a compris la situation et d’évaluer son intervention, précise Louise-Andrée Brien. On échange sur ce qui aurait pu être fait autrement et ce qui mérite d’être réexpliqué. Parfois, nous leur suggérons d’aller en laboratoire pour pratiquer les procédures de soins avec lesquelles ils sont moins à l’aise et ont refait la simulation. C’est vraiment de l’apprentissage que l’on dit inductif, dans le sens où c’est l’étudiant qui met en pratique ce qu’il a l’impression d’avoir compris et qui exprime par la suite ce qu’il a vécu dans le but de s’améliorer. »

« Le transfert de la théorie à la pratique est l’un des plus difficiles à réaliser et la simulation facilite cette intégration, poursuit la professeure. Plusieurs étudiants excellent en théorie mais perdent leurs moyens lorsqu’ils doivent l’appliquer. Cette approche permet donc à l’apprenant de se tester avant de plonger dans la réalité. »

Des gains indéniables

Quels sont les principaux gains? « Les étudiants se sentent bien plus investis dans ce qu’ils apprennent, soutient Louise-Andrée Brien. Cette approche leur permet surtout d’assimiler très rapidement les notions académiques sans mettre la vie d’un vrai patient en danger. Ils peuvent faire des erreurs, oser certaines interventions et ce, même si elles ne sont pas parfaites. En période de stage, ils ne pourraient intervenir lorsque l’état d’un patient se détériore. De plus, il y a des compétences telles que le leadership clinique et la collaboration interprofessionnelle que nous ne pouvons évaluer autrement. Il s’agit donc d’un excellent complément au stage. »

Autre bénéfice : « Depuis que nous avons adopté la simulation, nous constatons que les étudiants prennent davantage leur place, poursuit la professeure. Comme ils peuvent, au préalable, tester leurs capacités, ils sont plus confiants de réussir une intervention spécifique lorsqu’ils sont confrontés à la réalité. »

Réalité virtuelle

À la rentrée, la FSI fera un pas de plus sur le chemin de la simulation. « Dès septembre, nous introduisons des simulations en réalité virtuelle dans nos cours de soins de première ligne, mentionne Louise-Andrée Brien. Deux scénarios ont été élaborés et testés au cours de l’été. C’est une première! »

Leur programme de simulation est également en voie d’être accrédité par le Collège royal des médecins et des chirurgiens du Canada. Il s’agit là non seulement d’une belle reconnaissance de cette innovation mais d’un gage de sa pertinence en pédagogie.

Sources des photos : Faculté des sciences infirmières et Shutterstock.com